dimanche 31 décembre 2017

Houdini !

Une maîtrise de la com étonnante !

En cette fin d'année, on peut tirer un premier  bilan.
Si  l'on s'intéresse au contenu et à la réalité des choses plus qu'aux discours, force est de constater que le nouveau président tranche avec ses prédécesseurs.
Ce n'est pas tant le fond  - un libéralisme assumé - qui surprend, que la capacité a faire passer des vessies pour des lanternes.
La technique est presque imparable : des mesures qui prises globalement vont dans un sens, disons à droite pour simplifier, saupoudrées de petites mesures qui vont dans l'autre sens, et un discours presque parfaitement maîtrisées (quelques petits couacs ministériels de temps en temps) qui donne l'impression d'un savant équilibre, ni droite ni gauche.

Quelques exemples, parmi les plus significatifs.

Fiscalité

Une fiscalité très favorable aux détenteurs de capitaux, dont la suppression de l'ISF n'est qu'un aspect emblématique, et dans l'autre sens des allégements de cotisation et l'extension de l'exonération des la taxe d'habitation. Mais quand on fait le bilan global de la nouvelle politique des charges et de la fiscalité, on constate que les mesures bénéficient très largement aux 1%, voire au 1/1000 les plus riches. Et encore faudrait-il prendre en compte la baisse des APL aujourd'hui et encore plus demain.

Loi travail

Pour mémoir : globalement, déplacement du curseur  du code du travail aux dépends des salariés.

Emplois aidés et lutte contre le chômage

Baisse drastique des emplois aidés, accusés d'être inefficaces, alors qu'ils ont permis à bien des personnes de sortir leur tête de l'eau contre une promesse de réformer la formation continue.
Le tout, en plus,  au détriment du secteur associatif et des collectivités territoriales.
Et pour parachever le tout un projet déjà bien avancé de renforcer le contrôle des chômeurs.
France terre d'asile
D'un côté un discours humaniste (personne ne couche dehors ... fin 2017), et de l'autre une politique de plus en plus répressive, assumée par Gérard Collomb : chasse aux migrants côté Calais, avec destruction des couvertures voire des biens des migrants, menaces aux humanitaires, inspections dans les foyers d'urgence, au grand dam des associations d'aide aux migrants et aux sans domicile.
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mardi 26 septembre 2017

Plus fort que Hollande !

Le rejeton dépasse le maître. Ceux qui désespéraient de Hollande sont dans une rage froide ou une torpide désespérance. Ceux qui, dans ce qui s’appelait la gauche, ont voté Macron, par peur de la brune Le Pen, ou dans l'espoir d'un renouveau politique détournent les yeux, cherchent une alternative. Le ni droite, ni gauche, apparaît pour ce qu'il est : un techno-libéralisme assumé. Le prince basilic, pourfendeur des fainéants qui ne veulent pas être ni taillables, ni corvéables à merci, apparaît comme le pur produit des strates de la technocratie financière.
Oui Macron et ses députés ont été démocratiquement élus, et les mesures qui ont été annoncées sont pour la plupart cohérentes avec son programme. Mais considérer l'onction démocratique comme un blanc-seing rappelle furieusement le discours d'un certain Sarkozy.
Mais cette politique, outrageusement libérale sur le plan  économique, ouvre un espace à conquérir par une gauche ... à recréer  à partir du champ de ruines du PS, des Verts et du PC. 
Vivre c'est espérer !

Petit florilège, par thème, des premiers pas du gouvernement Macron 

Droit du travail 

 Les ordonnances parachèvent ce qu Valls n'avait pas osé faire : plafonnement très bas des indemnités prudhommales en cas de licenciement abusif. En clair la possibilité de congédier sans risque et à coût réduit tout salarié coupable de déplaire au chef, tout salarié dont les résultats seraient jugés insuffisants ou les absences trop nombreuses, les plus faibles, les seniors, voire les femmes avec enfants en bas âge. Autrement dit la précarisation du CDI. 
La seule issue en cas de licenciement abusif : plainte en justice, aléatoire, pour harcèlement moral ou sexuel.
Flexibilité et précarisation également accrues avec l'extension des contrats de mission : cela va fonctionner comme un allongement des périodes d'essai.
En contrepoint, il y a la règle des accords majoritaires en entreprise et l'inversion des normes est "modérée" : extension du champ des accords de branche : probablement le plat de lentilles pour FO. 

Autre aspect, qui plait aux patrons mais dont les conséquences sont difficiles à prévoir sans la parution des décrets d'application : la fusion de tous les organes statutaires en un seul monstre où tout sera débattu. Le résultat peut être un organe qui ne fera que survoler les problèmes, faisant passer au second plan l'hygiène et la sécurité, alors que les lois précédentes avaient considérablement renforcé leur rôle et leurs prérogatives. Ce peut être aussi une professionnalisation excessive  des délégués transformés en électrons libres, coupés de leurs collègues et des syndicats. 

 Emplois aidés

Une vraie saloperie perpétrée au cœur de l'été. On peut comprendre qu'il faille réexaminer les nombreux dispositifs concernés. Mais là, on ôte l'espoir de centaines de milliers de personnes qui commençaient à retrouver le goût du travail utile et à émerger du statut de pauvre assisté.
Certes les gouvernements précédents avaient usé et abusé des emplois aidés pour dégonfler les statistiques du chômage, mais beaucoup d'emplois aidés s'accompagnent de formations qualifiantes et permettent aux associations et aux collectivités locales de rendre un service utile, voire indispensable, difficilement finançable par ailleurs. Le mécanisme des emplois aidés fonctionnait comme un mécanisme de redistribution et était essentiel pour lutter contre la fracture sociale entre les banlieues et les centres d'agglomération, entre les métropoles et les zones rurales prolétarisées.

Fiscalité

Youpi ! Moins d''ISF pour les plus riches au portefeuille d'actions bien garni, éventuellement détenteurs d’œuvres d'art, de voitures de luxe ou de sport, de yacht  Une flat tax à 30% bien en dessous des tranches les plus hautes de l'impôt sur le revenu. Une CSG qui va peser le plus sur les retraités aisés sans être riches pour autant... Une fiscalité de classe.

Enseignement

Si réaction a un sens, c'est bien celui de la politique de l'enseignement actuelle : son seul moteur, défaire ce qui a été fait sous Hollande, sans aucune concertation, et brutalement. Exit la semaine de cinq jours. Exit à terme des NAP. Mais rien sur la carte scolaire. Confortation des classes d'élite...
Dotations en baisse pour les universités et remise en cause du "droit" à l'enseignement supérieur, qui fonctionnait souvent, il est vrai, en voie de garage temporaire.

Écologie

Combien de temps tiendra Hulot avec un CETA qui fait fi des normes écologiques, avec les autorisations de recherche prétrolière, et surtout avec la suppression brutale des subventions de maintien pour les agriculteurs bio, pressés d'être r

Logement

Couac sur les appels, accusés d'être la cause de la hausse de l'immobilier : 5€ en moins pour tous, qui se traduisent pour certaines par une perte de 16€ (l'APL n'est versée que si son montant dépasse 12€).
Repenser le dispositif ? Pourquoi pas ! Mais là il s'agissait de racler les fonds de tiroir, sans réflexion autre que financière.
Le plus grave : une pression sans précédent sur l'habitat social, qui doit compenser la baisse des APL par une baisse des loyers, handicapant ses capacités d'investissement + des mesures  fleurant la privation à terme du secteur. 

Sécurité

Légalisation des mesures administratives d'urgence avec quelques garde fous bien faibles. On entérine un nouveau recul du pouvoir judiciaire, mettant ainsi un peu plus en question l'état de droit. Avec une chambre des députés ravalée au rang de chambre d'enregistrement, et un pouvoir judiciaire qui s'effrite, pas à pas, on va vers un nouveau despotisme.

Collectivités locales

Un jacobinisme assumé ! Doux étranglement des collectivités locales, que l'on prive de diverses subventions et des emplois aidés. 
Étatisation de la taxe d'habitation, compensée dans un premier temps... mais combien de temps ?
Recul sans précédent des subventions pour la "politique de la ville".
Pas de quoi s'étonner des résultats des sénatoriales !

samedi 10 juin 2017

Macron, c'est non ! Il est encore temps de chercher à faire contrepoids ...

L'échiquier politique

Macron ? Droite ou gauche ?
La question n'a pas véritablement de sens.
L'esprit humain, face à la complexité, a tendance à se réfugier dans le simplisme, et étiqueter quelqu'un comme étant de gauche, de droite ... ou du centre est par trop réducteur. C'est réduire l'espace politique à une ligne uni-dimensionnelle. 
Par exemple, on peut très bien être conservateur au plan des meurs sociales et défendre une politique sociale "socialiste". A contrario, on peut avoir l'esprit ouvert en matière de meurs et être à fond pour la liberté des entrepreneurs d'embaucher et de débaucher leurs salariés.
Autre dimension : du protectionnisme franco-français à l'ouverture totale des frontières, en passant par un protectionnisme européen et une plus grande ouverture au sein de l’Europe.

Et Macron dans tout ça.

En apparence un discours pré-électoral plutôt au centre sur bien des sujets.
Malheureusement, les premières mesures ne sont pas franchement empreintes des valeurs attribuées à la "gauche".
  • une loi travail qui détricote un peu plus les droits des salariés, qui achève ce qu'Hollande n'avait fait qu'esquisser, avec le risque d'une précarisation accrue (CDD "libéralisé", limitation des indemnités en cas de licenciement abusif, politique d'entreprise privilégiée et donc dépendant du rapport de forces interne à l'entreprise)
  • RAZ dans l'éducation nationale allant dans le sens d'une éducation à plusieurs vitesses, remettant en cause les maigres acquis précédents des ZEP ...
  • et la dernière en date : la quasi intégration des règles de l'état d'urgence dans la loi ... ce qui permettra de transformer les règles d'exception en règles "normales"
Et rien qui ne semble de nature à réduire les fractures sociales et les inégalités : le populisme d'extrême droite ou d'extrême a de beaux jours devant lui, car il pourra s'appuyer sur la misère grandissante des laissés pour compte.

Tenter de faire contrepoids 

Toutes les projections font d'"en marche" le grand vainqueur des législatives.
Faut-il voler au secours de la victoire ???
Assuré d'une majorité confortable, avec des candidats souvent étiquetés "à droite" dans le passé, il est à craindre que les premières mesures annoncées soient suivies d'autres de la même veine.
Il faut que les valeurs de justice sociale puissent se faire encore entendre à l'assemblée nationale ...
C'est ce qui devrait guider dans leur choix ceux qui sont attachés à ces valeurs.


jeudi 11 mai 2017

Ni ... Ni ...

Commençons par le PS.

Sans surprise, celui-ci a adopté une position ni ni : ni soutien aveugle à Macron, ni opposition systématique. C'était en effet la seul option possible. Sauf que, d'un côté Cazeneuve, sensé conduire la campagne socialiste est dans le registre du soutien un peu critique, et Hamon dans celui de l'opposition résolue. Et quand à la "gauche" du PS, elle est déjà en train de s'éclater : un mouvement lancé par Aubry et Hidalgo, un mouvement annoncé par Hamon (qui rêve encore de rallier Mélanchon qui lui-même vient de lui proposer de se rallier à lui-même !).
Bref les manœuvres pré congrès d'un parti peau de chagrin ont commencé.
Dans le même temps le tribun furieux est tout à sa haine du PS et aussi du PC : la vengeance de Trotsky ! Nul n'aurait imaginé un tel succès des Lambertistes, passés de l'entrisme (au PS essentiellement) à la création d'un nouveau parti, mais reposant tout entier sur un seul homme. L'atterrissage de ce dernier à Marseille, face au Hamoniste Menucci en dit long sur le personnage : tuer tout ce qui reste au PS, au risque d'ailleurs de se suicider politiquement.

Ensuite la gauche !

Morcellement extrême : par exemple sur la circonscription de Bourg la Reine, Sceaux, Chatenay, Antony, c'est de 5 candidats de gauche dont on parle : PS, EELV, un Mélanchonien, une personnalité démocratique soutenue par le PC, et un MRC. Autant dire que le second tour se fera nécessairement entre un(e) Macroniste (teintée à droite d'ailleurs) et un LR  (Le Pen n'a pas de bon score dans nos villes aisées).
Plus généralement, l'extrême division de la gauche amènera un laminage complet du PS, et pour l'essentiel, soit des triangulaires  FN, LR, Marcheurs, soit des duels FN Marcheurs.
Dans ces conditions, on peut dire que la gauche désunie rend un immense service à Macron en lui permettant une vraie majorité, aidée par le réflexe "légitimiste" de bien des électeurs (donner au Président une majorité pour gouverner).
De quoi désespérer ce qui reste du peuple de gauche, et de tous ceux dont les valeurs premières restent la solidarité, l'égalité, dans le respect des libertés, et qui ne se retrouvent pas dans le programme néo-libéral du Président.

La seule solution

La seule solution pour éviter la catastrophe, c'est un accord PS-Vert, dans la continuité de l'accord de la présidentielle. Et si l'on rêve un peu, PS-Vert-PC :, une union de la gauche portion congrue.
Mais la raison n'a pas sa place et ne rêvons plus. Les jeux sont faits et les logiques de morcellement sont trop fortes.

jeudi 4 mai 2017

Tombe le masque

Le pugilat d'hier soir a probablement assuré la victoire de Macron : s'il n'a pas été excellent, son adversaire Le Pen a ruiné ses chances d'être élue. Elle a réussi à réduire à néant tous ses efforts pour dédiaboliser le FN. Invectives, anathèmes, attaques ad hominem, insinuations, mensonges éhontés, méconnaissance de ses propres dossiers : une experte en Trumperies.
La figure avenante n'était que le masque de l'extrême droite paternelle, et hier soir ce masque s'est brisé, révélant la réalité du FN.
Une arrivée au pouvoir de ce parti signerait la fin de la démocratie, l'ère du mensonge, de la haine, des discriminations et des persécutions : le fumet du fascisme. Que les jeunes générations, dont les parents n'ont pas eu à souffrir de la guerre, du nazisme, du pétainisme, préfèrent se réfugier dans l'abstention ou le vote blanc, plutôt que de voter pour le néo-libéral Macron, je peux le comprendre. 
Mais Mélenchon, Debray et quelques autres  pseudo intellectuels de gauche ?
Que Mélenchon refuse de donner une consigne de vote : je comprends ; il n'est pas propriétaire de ses électeurs. Mais refuser d'indiquer son choix ? Est-ce à dire que Mélenchon, Debray et quelques autres s'en accommoderaient, pratiquant la politique du pire.
Sans réaliser que le FN au pouvoir, c'est un aller sans retour.

5 pendu(le)s au bout d'une corde tintinabulaient bruyamment

Qui n'a été fasciné par le spectacle de pendules suspendus à une même corde et oscillant de façon imprévisible ? C'est le spectacle que donnaient les premiers sondages avant le premier tour, avec ces hausses et ces baisses à mesure que les jours passaient. L'impression d'un mouvement chaotique : un bon exemple de ce que les matheux nomment le pseudo-déterminisme.
Les 5 pendules, de l'extrême droite à une gauche extrême : Le Pen, Fillon, Macron, Hamon et Mélenchon.
De fait, si Fillon baisse, c'est Le Pen et Macron qui monte. Si Hamon baisse, c'est Macron (encore) et Mélenchon. Si Macron avait baissé, c'est Fillon et Hamon qui serait montés : chaque mouvement d'un pendule influe sur celui de ses voisins.
Au départ rien n'était joué. Deux configurations relativement stables ressemblaient à des attracteurs : Le Pen, Macron, Mélenchon en tête, ou alors Fillon et Hamon en tête.
Mais Fillon s'est trouvé plombé par les "affaires" : la révélation que Monsieur Propre n'hésitait pas à pratiquer le népotisme, légal ou non, peu importe, et que "serrez-vous la ceinture" ne s'appliquait pas à lui-même. Parfait Tartuffe : faites ce que je dis, pas ce que je fais. De plus, son discours ultra-droite rebutait centristes et même droite modérée, attirés du coup par le néo-libéralisme d'un Macron.
Par ailleurs Le Pen restait un puissant repoussoir, et le spectre d'un d'un duel Le Pen, Fillon hantait tous les esprits des électeurs de gauche ou du centre.
Forces puissantes boostant Macron dans les sondages, et captant une partie de l'électorat "naturel" de Hamon. A partir du moment ou Hamon baissait, il n'apparaissait plus comme le bon champion de la gauche plus ou moins radicale ↠ Mélenchon monte.
Sur la fin, la bonne campagne de Hamon n'a pas évité le score infamant des 6,5%, mais a privé Mélenchon de la troisième place - ce dont il ne s'est pas remis -.
Comme je l'avais indiqué précédemment, la seule chance de Hamon c'était d'élargir rapidement sa bonne base de la primaire, en direction, sinon des Hollandais pur jus, du moins de la majorité du PS. Trop de temps à été perdu de ce point de vue, avec les négociations avec EELV et surtout avec le tribun de la gauche protestataire, à l'évidence pourtant promises à l'échec. De plus la transformation des slogans de la primaire en programme présidentiel a été laborieuse et inachevée : manque de temps du fait du calendrier de la primaire, largement conditionné par la stratégie perdante de Hollande, qui restera dans l'histoire comme le grand zigouilleur du PS et de la gauche de gouvernement.

samedi 1 avril 2017

Trahison et/ou démission

Non ce n'est pas de la trahison de Manuel Valls dont je veux parler : Brutus bis, après tout, nous a habitué à ça. Certes il a trahi la parole donnée. Mais en faisant cela il s'est tiré des balles dans les pieds et cela s'apparente à un suicide politique. Macron le laissera où il s'est mis, et ses ambitions politiques de récupérer un post-PS s'effondrent tant ses prises de position dégoutent même ceux qui ont voté pour lui à la primaire socialiste.
Ce dont je veux parler c'est de la trahison, ou au moins de la démission des "élites" qui se réclamaient du socialisme et qui ont abandonné toute référence aux idéaux de la gauche en soutenant officiellement Macron, faisant fi d'une primaire où plus d'un millier d'électeurs ont choisi Hamon. Il est vrai que l'effondrement de la pensée politique au PS est la conséquence logique du règne de Hollande, artiste de la politique politicienne et de la tactique, d'abord en tant que premier secrétaire du PS, puis en tant que président, reniant très vite et sans (se) l'avouer, les engagements du Bourget.
Une pincée de social dans un océan de libéralisme (c'est le programme de Macron) ne sauvera pas la France. Les ruptures sociales sont profondes et deviennent abyssales, jetant une masse de nos concitoyens dans les bras de Méduse. Il y a la rupture que tout le monde a en tête : celle des banlieues qui si ghéttoïsent, avec ses jeunes "issus de l'immigration" frappés par un chômage massif,  laissés pour compte de l'éducation nationale et fortement discriminés à l'embauche. Mais il y a aussi toute cette France périphérique, loin des métropoles, frappée par la désindustrialisation, victime d'une mondialisation débridée conduisant au chômage et à la paupérisation, abandonnée par l'état et les services publics.
Aujourd'hui, le seul qui ait pris la mesure du gouffre et dont le programme répond à ces enjeux dramatiques est Benoit Hamon. Il est le seul à avoir compris que le plein emploi d'antan ne reviendra plus : robotisation et mondialisation obligent.
Certes il a fallu du temps pour transformer des slogans en vrai programme. Mais c'est fait. Avec une mesure phare, mais ce n'est pas la seule : le Revenu Universel d'Existence. Non seulement il permet d'éviter une paupérisation encore plus forte, en assurant une meilleure répartition des revenus (et oui, les partageux ne sont pas morts), mais en plus il permet de rendre viables des emplois de services qui sans cela ne peuvent exister sur le marché du travail faute d'offreurs et de demandeurs.
C'est aussi le seul qui ait une vraie vision d'une Europe renouvelée, loin du repli sans lendemain sur les frontières nationales, préconisé par son concurrent Mélancholique. Mélanchon qui fidèle à ses origines trotskyste de l'OCI n'a qu'une obsession : tuer le PS qu'il n'a pu conquérir, en tuant l'espoir de la gauche du même coup.