jeudi 11 mai 2017

Ni ... Ni ...

Commençons par le PS.

Sans surprise, celui-ci a adopté une position ni ni : ni soutien aveugle à Macron, ni opposition systématique. C'était en effet la seul option possible. Sauf que, d'un côté Cazeneuve, sensé conduire la campagne socialiste est dans le registre du soutien un peu critique, et Hamon dans celui de l'opposition résolue. Et quand à la "gauche" du PS, elle est déjà en train de s'éclater : un mouvement lancé par Aubry et Hidalgo, un mouvement annoncé par Hamon (qui rêve encore de rallier Mélanchon qui lui-même vient de lui proposer de se rallier à lui-même !).
Bref les manœuvres pré congrès d'un parti peau de chagrin ont commencé.
Dans le même temps le tribun furieux est tout à sa haine du PS et aussi du PC : la vengeance de Trotsky ! Nul n'aurait imaginé un tel succès des Lambertistes, passés de l'entrisme (au PS essentiellement) à la création d'un nouveau parti, mais reposant tout entier sur un seul homme. L'atterrissage de ce dernier à Marseille, face au Hamoniste Menucci en dit long sur le personnage : tuer tout ce qui reste au PS, au risque d'ailleurs de se suicider politiquement.

Ensuite la gauche !

Morcellement extrême : par exemple sur la circonscription de Bourg la Reine, Sceaux, Chatenay, Antony, c'est de 5 candidats de gauche dont on parle : PS, EELV, un Mélanchonien, une personnalité démocratique soutenue par le PC, et un MRC. Autant dire que le second tour se fera nécessairement entre un(e) Macroniste (teintée à droite d'ailleurs) et un LR  (Le Pen n'a pas de bon score dans nos villes aisées).
Plus généralement, l'extrême division de la gauche amènera un laminage complet du PS, et pour l'essentiel, soit des triangulaires  FN, LR, Marcheurs, soit des duels FN Marcheurs.
Dans ces conditions, on peut dire que la gauche désunie rend un immense service à Macron en lui permettant une vraie majorité, aidée par le réflexe "légitimiste" de bien des électeurs (donner au Président une majorité pour gouverner).
De quoi désespérer ce qui reste du peuple de gauche, et de tous ceux dont les valeurs premières restent la solidarité, l'égalité, dans le respect des libertés, et qui ne se retrouvent pas dans le programme néo-libéral du Président.

La seule solution

La seule solution pour éviter la catastrophe, c'est un accord PS-Vert, dans la continuité de l'accord de la présidentielle. Et si l'on rêve un peu, PS-Vert-PC :, une union de la gauche portion congrue.
Mais la raison n'a pas sa place et ne rêvons plus. Les jeux sont faits et les logiques de morcellement sont trop fortes.

jeudi 4 mai 2017

Tombe le masque

Le pugilat d'hier soir a probablement assuré la victoire de Macron : s'il n'a pas été excellent, son adversaire Le Pen a ruiné ses chances d'être élue. Elle a réussi à réduire à néant tous ses efforts pour dédiaboliser le FN. Invectives, anathèmes, attaques ad hominem, insinuations, mensonges éhontés, méconnaissance de ses propres dossiers : une experte en Trumperies.
La figure avenante n'était que le masque de l'extrême droite paternelle, et hier soir ce masque s'est brisé, révélant la réalité du FN.
Une arrivée au pouvoir de ce parti signerait la fin de la démocratie, l'ère du mensonge, de la haine, des discriminations et des persécutions : le fumet du fascisme. Que les jeunes générations, dont les parents n'ont pas eu à souffrir de la guerre, du nazisme, du pétainisme, préfèrent se réfugier dans l'abstention ou le vote blanc, plutôt que de voter pour le néo-libéral Macron, je peux le comprendre. 
Mais Mélenchon, Debray et quelques autres  pseudo intellectuels de gauche ?
Que Mélenchon refuse de donner une consigne de vote : je comprends ; il n'est pas propriétaire de ses électeurs. Mais refuser d'indiquer son choix ? Est-ce à dire que Mélenchon, Debray et quelques autres s'en accommoderaient, pratiquant la politique du pire.
Sans réaliser que le FN au pouvoir, c'est un aller sans retour.

5 pendu(le)s au bout d'une corde tintinabulaient bruyamment

Qui n'a été fasciné par le spectacle de pendules suspendus à une même corde et oscillant de façon imprévisible ? C'est le spectacle que donnaient les premiers sondages avant le premier tour, avec ces hausses et ces baisses à mesure que les jours passaient. L'impression d'un mouvement chaotique : un bon exemple de ce que les matheux nomment le pseudo-déterminisme.
Les 5 pendules, de l'extrême droite à une gauche extrême : Le Pen, Fillon, Macron, Hamon et Mélenchon.
De fait, si Fillon baisse, c'est Le Pen et Macron qui monte. Si Hamon baisse, c'est Macron (encore) et Mélenchon. Si Macron avait baissé, c'est Fillon et Hamon qui serait montés : chaque mouvement d'un pendule influe sur celui de ses voisins.
Au départ rien n'était joué. Deux configurations relativement stables ressemblaient à des attracteurs : Le Pen, Macron, Mélenchon en tête, ou alors Fillon et Hamon en tête.
Mais Fillon s'est trouvé plombé par les "affaires" : la révélation que Monsieur Propre n'hésitait pas à pratiquer le népotisme, légal ou non, peu importe, et que "serrez-vous la ceinture" ne s'appliquait pas à lui-même. Parfait Tartuffe : faites ce que je dis, pas ce que je fais. De plus, son discours ultra-droite rebutait centristes et même droite modérée, attirés du coup par le néo-libéralisme d'un Macron.
Par ailleurs Le Pen restait un puissant repoussoir, et le spectre d'un d'un duel Le Pen, Fillon hantait tous les esprits des électeurs de gauche ou du centre.
Forces puissantes boostant Macron dans les sondages, et captant une partie de l'électorat "naturel" de Hamon. A partir du moment ou Hamon baissait, il n'apparaissait plus comme le bon champion de la gauche plus ou moins radicale ↠ Mélenchon monte.
Sur la fin, la bonne campagne de Hamon n'a pas évité le score infamant des 6,5%, mais a privé Mélenchon de la troisième place - ce dont il ne s'est pas remis -.
Comme je l'avais indiqué précédemment, la seule chance de Hamon c'était d'élargir rapidement sa bonne base de la primaire, en direction, sinon des Hollandais pur jus, du moins de la majorité du PS. Trop de temps à été perdu de ce point de vue, avec les négociations avec EELV et surtout avec le tribun de la gauche protestataire, à l'évidence pourtant promises à l'échec. De plus la transformation des slogans de la primaire en programme présidentiel a été laborieuse et inachevée : manque de temps du fait du calendrier de la primaire, largement conditionné par la stratégie perdante de Hollande, qui restera dans l'histoire comme le grand zigouilleur du PS et de la gauche de gouvernement.

samedi 1 avril 2017

Trahison et/ou démission

Non ce n'est pas de la trahison de Manuel Valls dont je veux parler : Brutus bis, après tout, nous a habitué à ça. Certes il a trahi la parole donnée. Mais en faisant cela il s'est tiré des balles dans les pieds et cela s'apparente à un suicide politique. Macron le laissera où il s'est mis, et ses ambitions politiques de récupérer un post-PS s'effondrent tant ses prises de position dégoutent même ceux qui ont voté pour lui à la primaire socialiste.
Ce dont je veux parler c'est de la trahison, ou au moins de la démission des "élites" qui se réclamaient du socialisme et qui ont abandonné toute référence aux idéaux de la gauche en soutenant officiellement Macron, faisant fi d'une primaire où plus d'un millier d'électeurs ont choisi Hamon. Il est vrai que l'effondrement de la pensée politique au PS est la conséquence logique du règne de Hollande, artiste de la politique politicienne et de la tactique, d'abord en tant que premier secrétaire du PS, puis en tant que président, reniant très vite et sans (se) l'avouer, les engagements du Bourget.
Une pincée de social dans un océan de libéralisme (c'est le programme de Macron) ne sauvera pas la France. Les ruptures sociales sont profondes et deviennent abyssales, jetant une masse de nos concitoyens dans les bras de Méduse. Il y a la rupture que tout le monde a en tête : celle des banlieues qui si ghéttoïsent, avec ses jeunes "issus de l'immigration" frappés par un chômage massif,  laissés pour compte de l'éducation nationale et fortement discriminés à l'embauche. Mais il y a aussi toute cette France périphérique, loin des métropoles, frappée par la désindustrialisation, victime d'une mondialisation débridée conduisant au chômage et à la paupérisation, abandonnée par l'état et les services publics.
Aujourd'hui, le seul qui ait pris la mesure du gouffre et dont le programme répond à ces enjeux dramatiques est Benoit Hamon. Il est le seul à avoir compris que le plein emploi d'antan ne reviendra plus : robotisation et mondialisation obligent.
Certes il a fallu du temps pour transformer des slogans en vrai programme. Mais c'est fait. Avec une mesure phare, mais ce n'est pas la seule : le Revenu Universel d'Existence. Non seulement il permet d'éviter une paupérisation encore plus forte, en assurant une meilleure répartition des revenus (et oui, les partageux ne sont pas morts), mais en plus il permet de rendre viables des emplois de services qui sans cela ne peuvent exister sur le marché du travail faute d'offreurs et de demandeurs.
C'est aussi le seul qui ait une vraie vision d'une Europe renouvelée, loin du repli sans lendemain sur les frontières nationales, préconisé par son concurrent Mélancholique. Mélanchon qui fidèle à ses origines trotskyste de l'OCI n'a qu'une obsession : tuer le PS qu'il n'a pu conquérir, en tuant l'espoir de la gauche du même coup.

vendredi 10 mars 2017

Macronite ou vote de classe ?

Trompe l’œil

J'ai déjà dit ce que je pensais du programme de Macron. C'est l'art du trompe l’œil érigé en principe de gouvernement. De ce point de vue, une incontestable continuité avec Hollande, mais avec un tournant encore plus marqué vers un libéralisme économique bon teint.
On promet de donner plus à ceux qui ont moins, de mieux rembourser les prothèses, de réduire encore les cotisations sociales, de réduire les taxes locales, d'augmenter le RSA, de respecter strictement les critères de Maastricht, de lancer un gros programme d'investissement, tout en baissant l'impôt sur les sociétés ... Mais commence finance-t-on tout ça ? Qui paye ? Les 60 milliards d'économies de l'état ? Mais sur le dos de qui ?
Après, si le programme est avant tout un catalogue de mesures (les 101 propositions de Macron), il y a les déclarations et les orientations bien libérales : pousser encore plus loin la logique de dérégulation de la loi travail tout en "suspendant" des avancées sociales comme le compte pénibilité, baisser fortement le nombre des fonctionnaires tout en augmentant les effectifs de la police et de l'enseignement.
Rien de très sérieux sur l'Europe (à part un ministre de la zone euro), rien non plus sur la transition énergétique.
Rien non plus pour s'attaquer vraiment au chômage et à la précarité grandissante des classes populaires, à part l'antienne de la baisse du coût du travail et le mise en formation : OK mais pour quels emplois ???
Rien sur les fractures sociales ou presque : un zeste en direction des banlieues (emplois francs), mais rien de rien sur la paupérisation de la France périphérique où s'enracine le succès du FN.

Socialistes pour Macron ?!?

J'ai du mal à comprendre comment on peut se dire socialiste et adhérer au programme de Macron. Ou plus précisément comment on peut faire l'impasse sur les défis monstrueux d'aujourd'hui : les inégalités grandissantes, la paupérisation et la précarisation des anciennes classes moyennes, laminées par une mondialisation incontrôlée, et par la destruction massive d'emplois amenée par le développement exponentiel du numérique et de la robotisation.
N'est-ce pas une myopie de classe ? Celle des classes supérieures salariées et/ou intellectuelles de nos métropoles qui tirent avantage de la mondialisation et du nouveau modèle économique introduit par les Technologies de l'Information et de la Communication, dont la robotisation ?
Même s'il commence tout juste à se préciser, le programme de Hamon, me semble répondre beaucoup mieux à ces enjeux de civilisation : certes, au départ, le revenu universel ressemblait plus à un slogan qu'à une construction sérieuses, mais aujourd'hui la première étape qu'il propose s'inscrit bien dans une redistribution en direction de tous les laissés pour compte du "progrès mondialisé". De même son propos sur l'Europe s'inscrit nettement dans une dynamique sociale au niveau européen.

Politique éthique

Argument, qui frise l'indécence, entendu de la part de militants du PS : Hamon n'est pas le candidat du PS, c'est celui des primaires. Une majorité de l'appareil du PS et de ses élus votera Macron.
Oui certes, et c'est le signe de la dérive profonde du PS, dont la base sociologique s'est rétrécie et est pratiquement coupée des classes populaires.
Mais, pour autant, qui a choisi de faire une primaire à gauche, "la belle alliance", c'est à dire en fait le PS. Avec une règle du jeu : le gagnant sera le candidat soutenu par le PS. Et est arrivé ce qui était prévisible : le peuple de gauche, qui est venu voter à la primaire a rejeté celui qui incarnait les promesses non tenues et la dérive libérale du quinquennat, au profit de celui qui apportait un souffle d'espoir et de renouveau. Le peuple de gauche ne mérite pas notre confiance : prononçons sa dissolution et élisons donc un autre ? Les règles du jeu n'étaient pas bonnes, donc la partie est nulle ?
Non, le candidat du PS ne peut être que Hamon, et faire campagne pour Macron est ..........


J'entends également des voix qui ne veulent pas avoir à choisir entre peste et choléra. 
Autrement dit, votons tactique pour éviter de tomber sur Charybde ou Scylla.
Mais à force d'être gouverné par la tactique, on en oublie la stratégie et les enjeux : quitte à se prendre les pieds dans le tapis comme l'a fait Hollande.
Or, oui, l'arrivée au pouvoir d'un FN populiste, xénophobe, voire raciste, serait une catastrophe de type Trumpien.  Mais ne voit-on pas que la meilleure façon de lutter contre les Front National et ses idées est d'offrir une véritable alternative aux français, en répondant clairement, non seulement aux besoins de sécurité, mais aussi et surtout au chômage, à la paupérisation et à la précarisation ?
On ne refera pas l'histoire, mais si Bernie Sanders avait été adoubé par les démocrates, que ce serait-il passsé ? Bref, faisons en sorte que Hamon soit le second !

mardi 7 mars 2017

Mais qui sera le second ?

Fillon ?

Entêtement mortifère pour la droite. Ne pas comprendre que fictifs ou non, les emplois de sa femme et de son fils dérnotent un népotisme outré, qui révulsent les âmes sensibles, en particulier dans les franges traditionalistes qui lui ont assuré sa victoire à la primaire. Faites ce que je dis ! Pas ce que je fais ! Serrez-vous la ceinture, mais pas moi.
On n'est pas au confessionnal : quelques mea culpa ne vaudront pas absolution. Entre les "libéraux" qui vont rejoindre Macron et l'électorat populaire de droite tenté par la sirène de la droite extrême qui joue sur le registre populiste, le noyau Filloniste s'effrite, au profit de Macron.

Macron ?

Fin navigateur. s'est relativement bien sorti de l'opération programme : s'inscrire dans une continuité Hollandaise tout en donnant des gages au patronat, invoquer la flexisécurité scandinave pour faire passer une dérégulation des protections sociales, respecter Maastricht, baisser les effectifs de la fonction publique, baisser les impôts locaux voire ceux des entreprises, tout en augmentant le nombre des enseignants, des policiers, de la justice. Évidemment, son programme (30 pages) élude les questions "Quand ? Avec quels sous ?" Se pose également la question "avec quelle majorité" ? Même si en France on a l'habitude de cet espèce de vote légitimiste en faveur des candidats du président.
Autre problème : tout repose que quelque chose d'éminemment fragile : la personnalité Christique du Messie Emmanuel. Derrière lui, des fans, un peu à l'image du mouvement qui soutenait Ségolène.
Macron disparu, que restera-t-il de sa bulle ? Peut-être plus qu'on ne peut le penser : Macron est le représentant rêvé de la nouvelle classe sociale dominante. Celle des cadres sups, bobos ou non, des professions intellectuelles, métropolitains, bénéficiaires en France de la mondialisation, et de ce fait fondamentalement attachés à l'Europe. C'est une classe minoritaire mais idéologiquement dominante aujourd'hui, et fortement liée au pouvoir économique.C'est devenu le terreau principal des Verts et du PS, ce qui explique largement les positions de ces partis. Si Macron n'était pas là, cette classe sécréterait un autre Macron.

Hamon ?

S'il a réussi une alliance à l'arrache avec les Verts, il a échoué sur deux plans qui étaient indispensables à celui qui veut vraiment présider (voir mon billet précédent) : pas de soutien avéré de la "gauche protestaire", un soutien mou du PS dont bien des cadres et des élus sont gagnés par la Macronité, base sociale oblige. D'aucuns parlent de 20%, la réalité est probablement plus proche de 60%.
De plus son programme n'a pas vraiment de consistance aujourd'hui, et peine à convaincre : des slogans ne font pas un programme. Lancer de vrais débats ne suffit pas à donner des réponses. Mêmes questions que pour Macron : quand quoi, plus précisément.  Et sur le financement, les robots ont trouvé que ça tournait un peu à la galéjade.
Côté classe sociale, cela me semble un peu plus compliqué que côté Fillon ou Macron : sans doute plus populaire, mais est-ce si sûr ? Hamon est quand un digne rejeton de l'appareil du PS. Et la "classe populaire" ne sait plus à quel tribun se vouer : Mélenchon, Le Pen, Hamon ? Bref, la campagne piétine.

P.S. 

Étonnante symétrie entre les camps Fillon et Hamon. Sous l'effet de la remise en cause de la candidature Fillon, son camp s'est durci, radicalisé, radicalement redroitisé. Résultat il est lâché en grande partie par l'UDI et en partie par le LR. à gauche, Hamon ne réussit pas à rassembler pleinement le PS. Résultat un espace bien élargi pour Macron.

mardi 14 février 2017

Une chance pour la gauche ... et pour la France ?

Bernard Hamon est sorti du chapeau, ou du moins des urnes de la primaire.
Majoritairement choisi par une majorité de ce que l'on pourrait appeler le peuple de gauche, mais probablement pas par la majorité du PS, et certainement pas par l'appareil du PS  et ses élus nationaux.
Gramsci nous manque pour analyser les rapports de force entre classes sociales qui pourraient créer la surprise aux présidentielles : face à Madame Le Pen, qui arrivera second ? Avec le soutien de quelles classes sociales ?
  • Fillon ? soutenu par la petite et la grande bourgeoisie traditionnelle sinon réactionnaire, mais lourdement plombé par la réprobation justifiée que suscite son népotisme avéré sinon illégal
  • Macron ? discours flou, un coup à droite, un coup à gauche, bref un centre flottant, qui parle bien aux néo-bobos des couches supérieures salariées. Une candidature Bayrou pourrait le rétrograder dans la course des favoris
  • Mélenchon ? qui se rêve en tribun de la plèbe, mais quasiment sans le soutien de ce qui reste du PCF et que personne ne voit en Président
  • Alors, Hamon ? peut-être s'il parvient d'abord à réunir les forces vives du PS et ce qui fut la gauche unie avec les verts et les rouges (- le tribun solitaire), puis à déborder de ce noyau viscéral vers les centristes et l'électorat dit populaire, séduit par la sirène Marine ...
Quoi qu'il arrive, Benoit Hamon a déjà donné à réfléchir en remettant en cause le dogme croissance = emplois. Or l'espoir d'une croissance forte permettant de réduire le chômage est un espoir vain. On peut invoquer Picketty et d'autres économistes à l'appui de cette thèse. Sur le fond, la révolution des technologies de l'information et de la communication, ainsi que la robotisation, vont continuer à faire disparaître des emplois intermédiaires, sans en créer autant de nouveaux, ni du même niveau de qualification.  (Cliquer pour voir mon blog pro  : je détaille ce point).
D'où la nécessité absolue de revoir le mécanisme de protection sociale et cette idée de "revenu universel". D'où la nécessité du maintien, voire de l'abaissement du seuil des 35 heures.
Un coût faramineux ? Qui paiera ? Sûrement pas les robots ! En fait aller dans cette direction prendra du temps et surtout ne pourra se faire sans une remise à plat, non seulement des dispositifs d'aide sociale, mais aussi sur la fiscalité, qui proportionnellement pèse bien plus sur les revenus du travail que sur les revenus financiers. (Ciel, les partageux sont de retour !)